Des gènes identiques conduisent les mâles ruff au succès et les femelles se retrouvent sans poussins

Les différences intraspécifiques chez les échassiers ruffe mâles (Calidris pugnax) sont dues à un supergène, un groupe de gènes

Une équipe internationale de chercheurs dirigée par Clemens Küpper, de l’Institut Max Planck d’ornithologie, et David Lanka, de l’Université Simon Fraser, a étudié les effets de ce supergène sur les femelles.Il s’est avéré que les femelles avec une variation qui correspond au succès reproducteur masculin reportentdeux fois moins d’œufs, et leurs poussins survivent moins souvent.Cette propriété permet de maintenir une variété constante de différents types d’individus.

Ruff est l'un des représentants des cuissardes.Ces oiseaux vivent dans les marécages et les prairies humides du nord de l'Eurasie. Une caractéristique de cette espèce est une diversité intraspécifique prononcée chez les mâles. Les scientifiques distinguent trois types de collerettes mâles, qui diffèrent par leur forme et leur comportement : les mâles indépendants, les satellites et les faders.

Les mâles indépendants sont de grands individus quimontrent une agressivité prononcée et rivalisent pour attirer l'attention des femelles. C'est la variante la plus nombreuse. Les satellites sont légèrement plus petits, ils essaient de s'unir avec des mâles indépendants. Le type le plus intéressant et le plus rare sont les faders. Ces mâles imitent les femelles en apparence et en comportement afin de contourner les concurrents agressifs, rejoindre l'équipe féminine et réaliser facilement l'accouplement. Cela conduit les faders à un succès reproducteur significatif.

Trois types de fraise masculine : indépendante (arrière), satellites (droite) et fader (avant-plan). Photo : Clemens Küpper/Institut Max Planck d'ornithologie

La différence entre les types de mâles est due à leur ADN.Il y a environ 3,8 millions d'années, une inversion s'est produite à la suite d'une mutation. Les faders sont porteurs de cette variation génétique. Les satellites sont une forme plus tardive, résultant de la recombinaison de gènes entre les variants originaux et mutés.

De telles variations génétiques se retrouvent non seulement dansmâles, mais aussi chez les femelles, n'entraînent cependant pas de différences significatives de taille et de comportement. Des études sur l'effet du supergène sur les femelles n'ont pas été menées auparavant. Dans leurs travaux, les scientifiques ont montré que, malgré l'absence de différences externes, les faders femelles pondent presque deux fois moins d'œufs que les indépendantes. Dans le même temps, en raison d'une faible forme physique, le nombre de poussins qui survivent jusqu'à l'âge adulte chez les femelles faders est déjà huit fois inférieur.

La concurrence extrêmement forte entre les mâles indépendants a conduit à la création d’individus plus grands et plus agressifs.Mais ils concentrent leur attention et ne rivalisent qu’avec leurs congénères.Cela ouvre une niche pour les faders, maîtres de la tromperie.

« Nos recherches montrent qu’il n’existe pasconcepts en tant qu'individu plus adapté », note Clemens Küpper. — La diversité gagne même sous une forte pression de sélection. L’émergence de nouvelles formes est le principe fondamental de la vie.

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